La suite logique… le PL-66?!

Rappelons-nous qu’en contexte de pandémie, plusieurs scientifiques ne cessent d’étudier et de trouver une corrélation entre la dégradation de la nature et la santé humaine. Selon plusieurs chercheurs, la principale cause de plusieurs crises sanitaires (dont covid-19) est une crise écologique. La dégradation de l’environnement rend les animaux malades et les force à quitter leur habitat pour côtoyer l’homme et qui par la suite, lui transmet sa maladie, c’est une suite logique. Alors, ce qui n’est pas logique, c’est de mettre de côté la protection de l’environnement en pleine crise sanitaire! Pourtant, c’est exactement ce que s’apprête à faire le Gouvernement du Québec avec le projet de loi no 66. 

Le 8 juin dernier, 118 organismes oeuvrant dans le secteur environnemental, ainsi qu’une grande majorité de la population, ont uni leur voix afin d’empêcher l’adoption du Projet de Loi #61. Un projet qui, rappelons-nous, accordait un pouvoir discrétionnaire au gouvernement sous prétexte de faire passer la relance économique avant tout, et ce, au détriment de l’environnement, de la justice et du principe même de la démocratie.  

Il s’avère que le 23 septembre dernier, l’Administration gouvernementale a déposé le projet de loi 66 qui s’inscrit dans la même pensée que le projet de loi 61. Malgré quelques améliorations, il en résultera un assouplissement des exigences environnementales et de consultation du public afin d’accélérer certains projets d’infrastructure. Comme le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE), nous jugeons qu’il est possible d’avoir une relance qui n’oppose pas les concepts d’environnement et d’économie. 

Nous considérons toujours que la relance économique ne doit pas se faire via le contournement des études d’impacts environnementaux, couplée à un aveuglement volontaire face au caractère vulnérable de nos espèces en péril, en ouvrant la voie à des modifications arbitraires à l’intégrité de nos parcs nationaux ou provinciaux et en discréditant la participation citoyenne en coupant dans les délais de publication et de consultation.  

Que ce soit l’écosystème économique ou environnemental, ils sont tous interreliés. Il faut protéger l’un pour protéger l’autre et cela commence avec des mesures politiques qui vont en ce sens.

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