Le projet GNL-Québec : un projet qui menace le béluga

Le projet GNL-Québec c’est la construction d’un pipeline gazier de 780 km qui traverse des territoires de premier peuple, une usine de liquéfication et un terminal maritime d’exportation par superméthaniers, qui verront leurs passages augmenter de 350 fois de plus par an, en plein coeur du parc marin du Saguenay, où le béluga, espèce menacée, tente de se rétablir. Ce projet ajouterait l’équivalent d’environ 10 millions de voitures additionnelles par an sur le réseau routier, en plus d’être une menace pour 17 espèces fauniques et 18 espèces floristiques. Tout cela, pour acheminer le gaz fossile de l’Ouest du Canada vers les marchés internationaux. 

Clairement, ce projet soulève bien des questionnements en raison des risques écologiques élevés. Les séances du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) ont débuté, ainsi le public a pu poser ses questions et les organismes, ont pu soumettre leur mémoire. Malgré la tenue de ces audiences, nous avons pu constater l’absence de plusieurs experts indépendants comme Pêches et Océans Canada, bien qu’ils soient responsables de faire appliquer la Loi sur les espèces en péril, dont notamment le programme de rétablissement du béluga du Saint-Laurent. En considérant le manque d’organisation et d’expertises indépendantes, nous jugeons, à l’instar des autres groupes écologistes que ces audiences n’ont pu faire la lumière sur plusieurs enjeux importants du projet. 

De plus, avec le reconfinement qu’entraîne la pandémie, le BAPE propose de continuer les audiences au format virtuel, ce que plusieurs groupes écologistes, dont nous-mêmes, avons contesté. Dans un communiqué de presse émis vendredi passé et repris par La Presse le jour même, nous proposons de suspendre les travaux du BAPE, car il est évident que ce type de média réduit le taux de participation, si nous pensons simplement à ceux qui n’ont pas accès ou qui ont plus de difficulté avec la technologie. De plus, la partie questions-réponses est beaucoup plus directe en personne et facilite grandement la compréhension des aspects importants, ce qui ne sera pas possible en vidéo.  

Bref, plusieurs de nos collègues écologistes et nous-mêmes, déplorons l’organisation et la tournure des travaux du BAPE. Nous croyons fortement que, pour un projet de cette envergure qui aura des impacts environnementaux pour les prochaines décennies, c’est la moindre des choses de prendre le temps d’évaluer proprement toutes les conséquences et répercussions que ce projet peut avoir, afin de prendre une décision éclairée et juste pour tous.  N’oubliez pas de signer la pétition si ce n’est pas déjà fait ! 

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