PL – 61 : Leçon non retenue par le gouvernement Legault

Le contexte de pandémie dans lequel nous évoluons présentement impose un stress énorme sur la société québécoise, notamment sur notre économie. Cependant, le projet de loi 61, qui se veut pour une relance économique, en est un de régression monumentale en ce qui a trait à la défense de notre patrimoine naturel. Les pouvoirs discrétionnaires que s’octroie le gouvernement par le biais de ce projet de loi sont très inquiétants lorsqu’il est question des enjeux environnementaux, mais également en ce qui concerne la pérennité de notre démocratie dans son expression la plus simple. La relance économique ne doit pas se faire via le contournement des études d’impacts environnementaux, couplée à un aveuglement volontaire face au caractère vulnérable de nos espèces en péril, en ouvrant la voie à des modifications arbitraires à l’intégrité de nos parcs nationaux ou provinciaux et en discréditant la participation citoyenne en coupant dans les délais de publication et de consultation. La relance doit se faire conjointement avec les organismes environnementaux, qui sont habilités à défendre nos joyaux naturels au Québec, mais également les mieux placés pour assurer une relance économique allant de pair avec ladite défense de notre patrimoine naturel! Nous proposons plutôt au gouvernement d’investir davantage dans les ministères de l’Environnement et de la Lutte aux Changements Climatiques et des Forêts, de la Faune et des Parcs ainsi que dans les divers organismes environnementaux du Québec pour accélérer les délais associés au processus d’autorisations environnementales. Plus de financement et d’effectif permettrait aussi d’avoir un meilleur portrait de la santé de notre environnement collectif et d’intervenir aux endroits critiques et de développer l’économie là où les impacts seraient moindres. La relance économique ne doit pas se limiter aux développements à court terme, elle doit se réaliser en tenant compte des enjeux économiques à moyen et long terme. Or, ces enjeux ne sauraient s’articuler sans tenir compte de la défense de l’environnement!

Se voulant répondre au contexte difficile qui découle de la pandémie mondiale liée au coronavirus, le projet de loi 61 ignore complètement les parallèles soulevés par plusieurs scientifiques du monde, liant la propagation du virus avec la destruction massive des habitats naturels. Voyant leurs habitats naturels de plus en plus fragmentés, voire même détruits, les animaux sauvages sont de plus en plus en contact avec l’être humain, de moins en moins en bonne santé et donc, de plus en plus susceptibles de nous transmettre des maladies par zoonose. Pour en lire plus à ce sujet, nous vous proposons de lire notre article à ce sujet, paru dans l’édition d’avril de l’Info-Ambioterra.

Bref, il est donc primordial que le projet de loi 61 soit modifié de sorte qu’il prenne en compte la préservation de notre patrimoine naturel riche et unique, pour les générations actuelles et futures!


 © Alexandre Rose

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