Les bons coups d’Ambioterra en 2019!

© Ambioterra; Tortue mouchetée
© Jeff Skrentny, iNaturalist; Chauve-souris argentée

Nous avions ajouté en 2018 un volet pour protéger la faune ailée (chauves-souris, oiseaux et monarque) chez les propriétaires que nous accompagnons pour la conservation volontaire. Ceci nous a permis de faire de formidables découvertes. En effet, nous avons découvert la deuxième plus importante maternité de chauves-souris en péril du genre Myotis, espèces désignées en voie de disparition par la Loi sur les espèces en péril du Gouvernement du Canada, au Québec chez un des propriétaires volontaires!  Cette maternité située à Godmanchester contenait environ 900 chauves-souris de différentes espèces. Nous avons également établi un solide partenariat avec la municipalité de Pointe-Fortune qui possède un parc linéaire abritant un milieu humide où nous avons découvert un grand nombre de chauves-souris, dont plusieurs espèces sont désignées en voie de disparition par le Gouvernement du Canada comme la  chauve-souris nordique. Lors de notre visite terrain chez un nouveau propriétaire, nous avons également découvert une tortue mouchetée, espèce désignée en voie de disparition par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC et menacée par Loi sur les espèces en péril du Gouvernement du Canada. Cette observation a été confirmée par les spécialistes du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) du Gouvernement du Québec et appuyée par deux autres observations de cette espèce chez notre propriétaire volontaire par l’équipe du MFFP. Cette découverte est d’autant plus formidable, qu’il n’y avait pas eu d’observation de cette espèce en Montérégie depuis 2011 et que cette observation est à plus de 75 km de celle que l’équipe d’Ambioterra a observée en 2019 !

De plus, deux de nos propriétaires ont déposé une demande pour créer une réserve naturelle au cours de 2019. Ces propriétaires sont localisés dans la MRC du Haut-Saint-Laurent, plus précisément dans les cantons d’Elgin et de Franklin. Nous sommes donc en attente de la réponse du MELCC pour ces deux propriétaires. La Télévison communautaire du Sud-Ouest est également venue faire un reportage sur Ambioterra et le travail acharné effectué par l’équipe pour protéger et conserver la biodiversité en Montérégie Ouest. Ce reportage est disponible sur la chaine You Tube en suivant le lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=5k2FXWrb9TU. Finalement, nous sommes très heureux de constater que nos activités de protection et de sensibilisation du patrimoine naturel suscitent un tel intérêt de la part de la population et des médias. L’équipe d’Ambioterra est très fière de ces réalisations pour l’année de 2019, et travaille déjà sur les prochaines réalisations de l’année 2020!

Une nouvelle menace pour nos plans d’eau : un crustacé envahissant

© Ontario Federation of Anglers and Hunters

Malgré sa très petite taille, une nouvelle espèce exotique envahissante pose une menace importante sur nos plans d’eau. De façon similaire à la moule zébrée, la puce d’eau en hameçon est une espèce aquatique envahissante provenant de l’Eurasie qui a le potentiel et la capacité de se propager très rapidement, et ainsi, de ravager les milieux aquatiques. En effet, la propagation de ce petit crustacé peut se faire par toutes activités comportant des embarcations nautiques, telles que le kayak ou la pêche. Sa présence détectée dans le bassin versant de la rivière Richelieu est donc très inquiétante, à la fois pour la santé des plans d’eau que pour le futur des activités récréatives. Elle n’a toutefois pas encore été retrouvée dans le bassin versant de la rivière Châteauguay.

La puce d’eau à hameçon a un potentiel de propagation très important, principalement en raison de son mode de reproduction asexuée, qui lui permet d’envahir très rapidement un plan d’eau. Une femelle aurait la capacité de peupler un lac entier! Ce qui facilite son transfert entre les cours d’eau est principalement sa queue dentée qui lui permet de s’accrocher aux équipements tels que les cordes ou les fils de pêches. Les œufs de la puce d’eau en hameçon sont également très résistants contre les méthodes traditionnelles de lutte contre les ravageurs aquatiques.

La présence de ce crustacé dans nos plans d’eau est inquiétante pour plusieurs raisons. Premièrement, la puce d’eau en hameçon consomme des zooplanctons, tout comme plusieurs autres poissons et invertébrés indigènes. Ainsi, elle fait compétition à des espèces comme l’achigan, le doré ou la perchaude, face aux ressources en nourriture. Les puces d’eau en hameçon causent aussi des inconvénients à la pêche, puisqu’elles forment des masses sur les fils et les filets de pêche.

Ce que vous pouvez faire pour limiter sa propagation

Il est très difficile, voire impossible, de contrôler la propagation de la puce d’eau en hameçon une fois qu’elle s’est retrouvée dans un plan d’eau. Il existe toutefois des mesures préventives afin de la limiter. Premièrement, apprendre à l’identifier! La puce d’eau en hameçon peut mesurer jusqu’à un centimètre et sa queue compose la grande majorité de son corps (environ 80%). Celle-ci forme un angle de 90 ° avec le reste de son corps. Elle n’a seulement qu’on œil, noir.

Puisqu’il n’est pas toujours évident d’identifier une telle espèce, d’autres mesures préventives sont également à mettre en place. L’inspection et le nettoyage des embarcations et des équipements après chaque utilisation est très importante pour limiter la propagation de la puce d’eau en hameçon, tout comme c’est le cas pour plusieurs autres espèces aquatiques envahissantes. Le séchage des embarcations et des équipements pendant une période d’au moins 5 jours est recommandé. Toutefois, il est à noter que les œufs de la puce d’eau en hameçon sont plus résistants à cette méthode et des précautions supplémentaires doivent être prises, telles que laver l’équipement à l’eau bouillante.

Apprenez à prévenir la propagation accidentelle des espèces aquatiques envahissantes en visitant le site du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) du Québec au : https://mffp.gouv.qc.ca/la-faune/especes/envahissantes/methodes-prevention/.

Pour de plus amples informations sur la puce d’eau en hameçon, vous pouvez également visiter cette page du MFFP : https://mffp.gouv.qc.ca/la-faune/especes/envahissantes/puce-eau-hamecon/.

Références :

Programme de sensibilisation aux espèces envahissantes de l’Ontario de la FCPO/du MRNFO. 2012. Cladocère épineux et puce d’eau en hameçon. En ligne : http://www.invadingspecies.com/fr/cladocre-pineux-et-puce-deau-en-hameon/. Consulté le 27 février 2020.

Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP). s.d. Puce d’eau en hameçon (Cercopagis pengoi). En ligne : https://mffp.gouv.qc.ca/la-faune/especes/envahissantes/puce-eau-hamecon/. Consulté le 27 février 2020

Ambioterra participe à la consultation sur la Politique de la faune du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) amorce l’élaboration de la première politique gouvernementale sur la faune au Québec.  Selon le MFFP, cette politique vise à proposer une vision d’avenir pour la faune en mettant en lumière son importance et à mobiliser les acteurs concernés ainsi que la population autour d’objectifs communs en matière de conservation et de mise en valeur de ces ressources.  Voici les principaux éléments de notre analyse sur ce projet de politique.

Premièrement, nous sommes d’avis qu’il aurait été pertinent que le MFFP réalise avant la consultation en cours un bilan ou un état de situation afin de proposer des solutions et une vision adaptée et adéquate pour l’avenir de la faune au Québec.  Ce bilan aurait pu ou aurait dû contenir les éléments suivants afin d’orienter la consultation et d’outiller les participants :

• l’évaluation de la situation des habitats fauniques au Québec.  Le but étant de cibler et de hiérarchiser les interventions à poser;

• l’évaluation de la situation des espèces exotiques envahissantes et de leurs impacts sur les habitats et la faune indigène.

• l’évaluation du phénomène de fragmentation des habitats et de son ampleur (surtout dans le sud du Québec où se trouve la plus grande biomasse)

• l’évaluation de l’application des lois et règlements en matière de contrôle des activités de piégeage, chasse et pêche (braconnage).

• l’évaluation de l’impact des changements climatiques sur les habitats fauniques et sur la faune elle-même.

Deuxièmement, au cours des dernières années, nous avons pu constater une nette diminution de l’implication du MFFP au niveau de la gestion de la faune. Citons, par exemple, les nombreuses coupures comme celles du nombre d’agents de la faune, au niveau des suivis des populations fauniques à risque ou vulnérables, au niveau de l’analyse des données en laboratoire et de l’analyse des données collectées. Hors cette «saignée» doit cesser le plus rapidement possible.

Troisièmement, à notre avis, il faut changer d’approche afin d’adopter au minimum une approche écosystémique, multi-espèces. Actuellement, nous mettons tous nos efforts sur une ou des espèces en particulier sans se préoccuper des autres espèces autour et sans se préoccuper de l’habitat dans lequel on retrouve cette espèce.  Notre vision actuelle de la gestion de la faune semble anthropocentriste et mercantile.  Nous devrions repenser notre approche et s’assurer que la protection de la biodiversité et de la faune par conséquent n’est pas subordonnée à l’économie et au besoin de dégager des profits.

Quatrièmement, le travail de protection de la faune en terre de tenure privée devrait être favorisé. Beaucoup d’efforts ont été faits en ce qui a trait aux terres publiques, mais encore peu en terres privées. Hors les animaux ne connaissent aucune frontière administrative et se déplacent autant sur les terres publiques que privées.  De plus la grande majorité des terres de tenure privée sont situées dans le sud du Québec, là où les populations animales et végétales sont les plus importantes (biomasse).  L’approche de protection et de conservation de la faune en terre privée est actuellement inadéquate pour réaliser son objectif de protection. Actuellement, un des seuls incitatifs pour un propriétaire privé de protéger un habitat faunique est de créer une réserve naturelle (ce qui est très contraignant) pour bénéficier d’un congé de taxes foncières. Il n’existe actuellement aucun autre incitatif pour un propriétaire de protéger son patrimoine naturel.  Cette situation rend notre tâche de protection de la faune très difficile.

Cinquièmement, l’adoption d’une politique pourquoi ? Nous nous questionnons sur les résultats escomptés de l’adoption de cette politique ? En effet, nous avons adopté plusieurs politiques au Québec. Pour la plupart, elles n’ont eu qu’un impact mitigé sur le sujet abordé dans ladite politique. Un exemple flagrant, l’adoption de la politique sur les rives et littoral qui est incorporée dans la plupart des schémas d’aménagement des MRC et qui devrait être, en principe, incorporée dans les règlements municipaux. Hors dans la plupart des cas au Québec, les municipalités n’ont pas adopté de règlement concordant. Il demeure possible pour un inspecteur des cours d’eau et/ou un inspecteur municipal de tenter d’appliquer la politique (si elle est contenu dans le schéma sous forme de règlement de contrôle intérimaire). Mais règle générale, cette politique qui visait à prévenir, entre autre, les problèmes d’érosion en milieu agricole n’est pas appliquée.  Ainsi, malgré l’existence de cette politique, les cours d’eau en milieu agricole au Québec, et surtout en Montérégie, sont toujours pollués et conséquemment l’habitat du poisson est compromis.  Nous espérons donc que si cette politique voit le jour, qu’il en résultera des lois et règlements qui seront appliqués de sorte que son objectif de protection de la faune soit mis en œuvre.